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6 August 2026

La Mentina : structurer trois activités dans une UX claire

Boutique, ateliers, traiteur : comment j'ai structuré le site de La Mentina — architecture d'information, mega menu et une landing par service.

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La Mentina, c'est une cuisine artisanale installée à Bègles, près de Bordeaux. Trois activités qui marchent : une boutique de gourmandises, des ateliers de cuisine, un service traiteur. Et un problème que je croise chez presque toutes les entreprises multi-activités : un site qui essaie de tout dire en même temps — et qui finit par ne rien faire comprendre.

Voici comment j'ai structuré ce site, décision par décision. Si ton entreprise porte plusieurs offres sous une seule marque, ce qui suit devrait te servir.

Le contexte : trois métiers, une seule marque

Trois activités, ce sont trois clients différents qui n'arrivent pas avec la même question. Celui qui veut commander un goûter pour samedi. Celle qui cherche un atelier de cuisine à offrir. L'entreprise qui organise un événement et cherche un traiteur à Bordeaux.

Trois intentions, trois rythmes de décision, trois paniers moyens. Mais une seule identité de marque, un seul nom, un seul site. Le piège classique consiste à empiler : un menu qui liste tout, une page d'accueil qui parle à tout le monde — donc à personne.

Le brief que je me suis donné tenait en une phrase : que chaque visiteur trouve sa porte en moins de trois secondes, sans jamais avoir l'impression de changer de maison.

L'architecture d'information avant le moindre écran

J'ai passé des heures sur Miro avant d'ouvrir Figma. Pas par plaisir de faire des diagrammes : parce que sur un site multi-activités, 80 % des problèmes d'UX sont des problèmes d'architecture d'information, pas de design.

Concrètement, la méthode que j'applique :

  • Lister tout ce que le site doit porter. Chaque produit, chaque service, chaque page annexe (FAQ, click & collect, carte cadeau, pages légales). Sans hiérarchie, d'abord : un inventaire.

  • Regrouper par intention de visite, pas par organisation interne. Le visiteur se moque de savoir comment l'entreprise est structurée en interne. Il vient avec une question. Les regroupements doivent épouser ses questions.

  • Trancher ce qui vit ensemble et ce qui se sépare. Les ateliers pour particuliers et le team building s'adressent à deux publics — ils cohabitent sous « Ateliers » mais chacun garde sa page. Le traiteur pour particuliers et le traiteur d'entreprise, pareil.

  • Tracer le chemin de chaque profil de visiteur. De l'arrivée à l'objectif, écran par écran. Si un profil doit réfléchir à une intersection, l'architecture n'est pas finie.

Ce travail invisible est ce qui rend tout le reste évident. Quand l'arborescence est juste, le design coule. Quand elle est bancale, aucune direction artistique ne rattrape le flou.

Un mega menu qui hiérarchise au lieu d'empiler

La navigation finale tient en trois entrées principales : La Boutique, Les Ateliers, Traiteur. Trois portes, trois parcours.

Au survol de « La Boutique », un mega menu s'ouvre avec les univers produits : Goûter, Apéro, Épicerie, co-Pains, Carte cadeau. Le visiteur voit d'un coup d'œil l'étendue de l'offre — sans quitter sa page, sans s'engager dans un tunnel.

Deux détails qui comptent plus qu'ils n'en ont l'air :

  • Le deuxième niveau reste un choix, jamais une obligation. Tu peux cliquer « La Boutique » et flâner, ou viser directement « Apéro ». Les deux comportements existent chez les vrais visiteurs ; le menu sert les deux.

  • Le vocabulaire vient du client, pas du métier. « Goûter » et « Apéro » sont des moments de vie, pas des catégories de production. C'est ce qui fait qu'on se sent accueilli plutôt que classé.

Une landing par service : l'UX et le SEO sont le même travail

Chaque activité a sa vraie page : son URL, son titre, son contenu. La page traiteur s'appelle « Traiteur à Bordeaux » — parce que c'est littéralement ce que tape dans Google la personne qui en a besoin.

On oppose souvent l'expérience utilisateur et le référencement, comme s'il fallait choisir entre un beau site et un site visible. Sur une structure multi-activités, c'est faux : la même décision sert les deux. Une page dédiée par service, c'est à la fois un parcours plus court pour le visiteur et une réponse claire pour le moteur de recherche. Google comprend qui fait quoi ; le client atterrit directement au bon endroit, sur une page qui ne parle que de son besoin.

Si tu ne dois retenir qu'une règle SEO de cet article : une intention de recherche = une page. Pas une ancre dans une page fourre-tout, une vraie page.

Le cas des objets transverses : carte cadeau, click & collect

Tout ne rentre pas proprement dans trois portes, et c'est normal. La carte cadeau, par exemple : elle peut offrir des gourmandises comme un atelier. Le click & collect concerne la boutique, mais c'est aussi une information pratique qu'on cherche depuis n'importe où.

Ma règle pour ces objets transverses : un domicile principal, des passerelles partout où le besoin surgit. La carte cadeau vit dans l'univers boutique — c'est là qu'on l'achète — mais la page ateliers y renvoie au moment où la question « et si je l'offrais ? » se pose naturellement. Le click & collect a son entrée directe dans le menu utilitaire, à côté du contact, parce qu'un client pressé ne doit pas deviner dans quelle activité on l'a rangé.

C'est le genre de décision qui ne se voit pas quand elle est bien prise — et qui génère des allers-retours frustrés quand elle ne l'est pas. Si tu hésites sur le domicile d'une page, demande-toi qui la cherche, à quel moment, et depuis où : la réponse est presque toujours dedans.

Structurer sans refroidir

Le risque de tout ce travail de structure, c'est d'aboutir à un site rangé comme une administration. La Mentina, c'est de la cuisine artisanale : de la chaleur, de la générosité, un ton complice — « co-Pains » pour les pains, c'est elle, pas moi.

La structure et la chaleur ne s'opposent pas, à condition de leur confier des rôles distincts : l'architecture décide où vont les choses, l'univers décide de ce qu'on ressent en y allant. Les photos gourmandes, la typographie, les couleurs, le ton des textes restent identiques d'un parcours à l'autre. Tu changes de porte, jamais de maison.

C'est souvent là que se joue une bonne UX pour une marque artisanale : assez de rigueur pour qu'on ne se perde pas, assez de personnalité pour qu'on ait envie de rester.

Ce que ça donne

Je ne vais pas t'inventer un pourcentage de conversion — je n'aime pas les chiffres décoratifs. Ce que le site fait, concrètement : trois activités, un seul site, et un visiteur qui sait toujours où aller. Chaque flux de revenus a son parcours complet, du premier clic à l'action — commander, réserver un atelier, demander un devis traiteur. Et la marque sort renforcée, parce qu'elle montre l'étendue de son savoir-faire sans le diluer.

Ce que tu peux en retenir pour ton site

  • Si ton offre est multiple, commence par l'architecture d'information — sur papier ou sur Miro, mais avant les maquettes.

  • Regroupe par question de client, pas par organisation interne.

  • Donne à chaque service sa page dédiée, avec l'intention de recherche dans le titre.

  • Garde un univers graphique et un ton uniques : c'est eux qui font la maison.

  • Teste ton menu avec la question la plus simple : « chaque visiteur trouve-t-il sa porte en trois secondes ? »

Ton entreprise porte plusieurs activités et ton site les empile plus qu'il ne les sert ? C'est exactement le genre de nœud que j'aime démêler. Le détail de mes services est sur le site, et ma porte — elle — est facile à trouver : la page contact.

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